On a beaucoup vu cette vidéo ces derniers jours. Pendant 1 an, on a pris en photo un vélo attaché dans une rue de New York. Le vélo reste intact pendant plusieurs semaines avant de se décomposer petit à petit, morceau par morceau, avant de disparaître complètement. On ne sait pas s’il a été volé ou enlevé par les services de la ville, mais peu importe.
C’est vrai, ce n’est pas ça qui me fascine dans cette vidéo. C’est la capacité d’une ville à digérer un objet. J’aurais pu dire « éliminer », mais le vélo n’a pas disparu, dans le fond. La gourde a trouvé un nouveau propriétaire, la selle est sur une autre vélo, etc. Donc la Ville, au sens communautaire du terme, a utilisé cet objet qui n’était pas à sa place, après avoir laissé le temps suffisant pour qu’il y retourne, à sa place, pour s’alimenter. Ca ressemble vraiment à un estomac qui dissout un aliment pour en redistribuer les différents éléments dans l’organisme.
Il n’y a rien de plus fascinant qu’une ville, rien qui ne peut entraver son fonctionnement presque organique. Les dizaines de projets de hacking de la ville sont autant de démonstrations de son évolution quotidienne, comme si elle s’adaptait naturellement au monde qui l’entoure, bien mieux (de façon étonnante) que les autres collectivités. La ville, c’est le noyau le plus solide et le plus flexible de la communauté.
Je ne me lasserai jamais de l’observer.

Excellent