Il y a des services qui, quand vous commencez à les utiliser, vous changent radicalement la vie. Twitter, Facebook, Foursquare, Google sont rentré dans le quotidien de beaucoup de gens, et sont devenus des automatismes.
C’est l’effet que m’a fait Pearltrees. A tout juste un an, Pearltrees a convaincu 60 000 utilisateurs, très actifs. J’ai eu la chance d’interviewer Patrice Lamothe, CEO. Vous pouvez regarder l’interview (enregistrée sous Webex) dans son intégralité ici. Celle-ci faisant plus de 30 minutes, je l’ai découpée en 5 morceaux :
Patrice nous explique ce qu’est Pearltrees, et ce qu’il apporte à la curation, par rapport à ses nouveaux concurrents que peuvent être Curated.by ou Scoop.it :
Ainsi, Pearltrees est un véritable outil de Curation qui permet, en plus, de capitaliser sur les ressources que l’on partage, là où, après quelques semaines, il est difficile de retrouver ce que l’on a partagé sur les autres services. Comment ça marche ? Là où sur les autres services de curation vous avez une page thématique, là vous allez partager des « arbres ». En donnant simplement le lien, comme ici, ou en intégrant l’arbre sur votre site, blog…, comme là :
La sélection de liens et de ressources effectuée par notre équipe chez Human Connect est alors partagée et disponible même à ceux qui n’ont pas de compte Pearltrees.
Utilisateur heureux et intensif du Mind Mapping, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le lien entre cette méthode et la représentation graphique de Pearltrees. Voici ce que Patrice m’a répondu (attention, l’image reste figée pendant un peu moins de 2 minutes pendant cette vidéo. Veuillez m’en excuser) :
Donc, si le Mind Mapping n’est qu’une inspiration, ce déplacement et cette manipulation des éléments (ici des urls) est la méthode la plus naturelle pour le faire. On est bien d’accord.
Dans Delicious (son concurrent principal pour l’aspect bookmarking) ou dans Scoop.it (exemple parmi les outils de curation) on travaille seul. On peut à la rigueur s’inscrire aux contenus des autres, mais c’est tout. Dans Pearltrees vous pouvez travailler en équipe :
Aujourd’hui, on peut donc assigner des équipes à des éléments très précis de notre arbre, et faire travailler des personnes très variées autour de différents axes de notre arbre général. Il manque encore la possibilité de cloisonner les différentes branches, notamment pour un usage professionnel. Par exemple, je pourrais faire travailler toute une équipe d’experts sur ma branche Wikileaks, mais pourrais avoir envie de garder ma branche Prospects pour moi ou pour une équipe déterminée. C’est en projet chez Pearltrees, et cela pourrait faire partie de leur monétisation. Patrice m’a confié que, néanmoins, cela pourrait apparaître gratuitement s’ils atteignent leurs objectifs de nombre de membres. En effet, Pearltrees voudrait plutôt se positionner comme moteur de recherche, dont les résultats seront organisés par les humains (un peu comme Mahalo) et, du coup, dont les résultats seraient plus précis, plus profonds, qu’un Google. Cette recherche est évidemment monétisable, et a sans doute plus de valeur que des fonctionnalités en freemium.
Dans un précédent billet, je posais la question de l’identité du curator. En effet, comment être sûr, en arrivant sur du contenu curated, que le prisme utilisé est celui qui m’intéressera réellement. La question est la même posée lorsque vous achetez un journal papier : comment être sûr que le rédacteur en chef a choisi d’orienter son journal de la façon qui m’intéressera le plus. Si les « sensibilités » des journaux sont connus de beaucoup de gens aujourd’hui, il est impossible de le savoir pour la curation, où tout le monde peut se crééer un profil sur Scoop.it ou Pearltrees. Le CEO de Scoop.it, Guillaume Decugis, a affirmé en commentaire de mon billet, travailler sur ce problème, en annonçant même la veille de sa sortie, le fait que les profils des curators sur sa plateforme allaient être agrémentés de liens vers différents services en ligne (Facebook, Twitter…). Voici comment Pearltrees travaille sur cette question :
Enfin, Pearltrees fait partie de ces startups françaises (comme Netvibes ou Dailymotion) qui bénéficient d’une excellente couverture aux USA. J’ai donc posé la question à Patrice du soutien des blogueurs français aux entreprises françaises, et si la « blogosphère » française est assez conséquente pour le faire :
Il faut donc que nous, blogueurs, apprenions à aller dénicher les nouveautés et discuter avec leur créateurs. J’essaie de le faire et j’ai parlé de beaucoup de startups ici, notamment les startups nantaises
Pour résumer, testez Pearltrees, manipulez les perles et les arbres, travaillez en équipe, participez aux équipes déjà créées, et faites-vous votre opinion sur ce service innovant dans sa manière de fonctionner, et qui mêle la curation, dont on ne va pas arrêter d’entendre parler, et la capitalisation des liens partagés, en la rendant naturelle.

Excellent article! En tant qu’utilisateur intense du service Pearltrees, je vois les differents usages se profiler au fur et a mesure : bookmarkingbien sur, mais aussi un moteur de recherche de qualité concernant a la fois du contenu, des sources et des emetteurs/acteurs. en bref : un outil de veille exceptionnel dont on ne realise encore que tres peu la portée pour le web. la cerise sur le gateau : l’interface en mapping! le hic: ne pas pouvoir gérer plusieurs comptes à la fois… mais chapeau bas a Pearltrees!
Intéressant article et merci de citer Scoop.it
Il y a une réelle prise de conscience en France de l’intérêt de la curation depuis quelques mois, et nous ne pouvons que nous en réjouir pour tout l’écosystème. D’ailleurs, petit scoop (:p) Pearltrees et nous réfléchissons à un évènement commun.
Quelques précisions à apporter cependant du côté de Scoop.it :
– la beta privée est toute récente, donc nous n’avons pas encore tout dévoilé. La volonté de Scoop.it est de mettre le sujet (le topic) au milieu, et non pas la personne (comme sur les blogs, sur Twitter etc). A ce titre là, nous avons toujours eu comme objectif de rendre la contribution collective. Dans un premier temps, et c’est ce qui est disponible actuellement, n’importe quel visiteur peut suggérer un contenu au curator du topic. Nous améliorerons certainement ce système petit à petit pour rendre les topics multi curators
– La curation n’est pas une finalité en soit. L’objectif de Scoop.it est d’utiliser la curation pour changer la façon de publier des médias sur le web. Plus besoin d’écrire comme sur les blogs, on propose maintenant une solution pour éditer le web sur un thème défini. Il s’agit de proposer des magazines d’un nouveau genre.
Nous ne nous voyons donc absolument pas concurrents d’un Pearltrees (plutôt d’un paper.li qui fait de la curation automatique, ce qui est là aussi un autre sujet). Et donc nous assumons tout à fait la recherche de partage (création de media pour les autres veut forcément dire partage) et non pas d’archive, de catalogue.
– Concernant le sujet de l’identité, c’est la même problématique sur sur Twitter, sur les blogs etc… C’est au lecteur à prendre le contenu avec des pincettes, c’est à lui de regarder l’édito, le profil etc… Et donc c’est au curator de donner des « garanties ». Dans le cadre de la curation, elles viendront tout simplement de la qualité du contenu sélectionné.
Vivement cet évènement commun pour traiter de tous ces sujets