
Il y a quelques jours, Antoine Dupin, chargé de communication web à l’ESC Rennes, a publié un article intitulé Social Marketing : FAKE.
Pour résumer, il y dit que
Globalement, je ne suis pas d’accord avec tout ça. Voici pourquoi :
Pour réussir sur les médias sociaux, il faut avoir un fort capital nom / On ne peut pas y faire de la prospection
Comme pour tout, être connu aide. Par exemple, on regarde plus facilement une pub à la télévision pour un produit qu’on connaît déjà, et qu’on aime. De même, on sera plus attentif à un reportage lorsqu’il traite d’un sujet proche de nous (géographiquement, professionnellement, …). Mais ne pas en avoir, ou en avoir un pas connu, est loin d’être un frein sur les réseaux sociaux, si l’on veut bien se donner la peine. La prospection est possible sur les médias sociaux, il suffit d’être innovant. Sur Facebook par exemple, les applications, pour peu qu’elles soient un peu virales, peuvent faire parler de votre marque « facilement ». Mais cela demande plus de travail que l’ouverture et l’alimentation d’une page…
Les médias sociaux ne sont qu’un immense centre de retours utilisateurs
Ils le sont pour ceux qui ne se donnent pas la peine de faire autre chose. Et dans ce cas là, il ne faut pas espérer trouver de nouveaux clients, puisque vous ne vous adressez qu’aux anciens. Là encore, l’innovation est indispensable si l’on souhaite changer ça.
Les médias sociaux ne seront jamais aussi fort que la télévision
C’est tout aussi vrai qu’Internet ça ne marchera jamais, que la télévision ne remplacera pas la radio, que la radio ne remplacera pas les journaux, qu’on ne marchera jamais sur la lune, que Claude François est électricien, que Facebook c’est un trop à la con pour les étudiants, que Twitter ça-sert-à-rien-c’est-trop-court-140-caractères, etc etc. Il faut les laisser murir. Ils ont atteint, pour certains, le moment où les gens les ont adoptés, il faut maintenant être capable de trouver les bonnes réponses. Ces réponses sont déjà là, pour peu qu’on veuille bien se donner la peine de les apporter.
Les entreprises ne se demande pas “que vais je faire avec ma communauté” mais plutôt “chouette, un nid de quelques centaines de millions d’utilisateurs teubés que je vais pouvoir infiltrer pour vendre
Ca dépend des entreprises. La première chose, c’est de savoir si l’entreprise a vraiment sa place sur les médias sociaux. Certains ont du mal à le comprendre, mais toutes les entreprises ne sont pas pertinentes sur Internet (et en disant ça, je perds des clients, je pourrais dire l’inverse, comme beaucoup). Un maçon n’a pas sa place (et ce n’est pas dégradant) sur Facebook. Il ne trouvera pas de public, ne pourra pas construire (haha) de communauté, et n’en tirera finalement rien. En revanche, si c’est bien utilisé, la petite pizzeria du coin (vous savez, celle qui fait ces pizzas si bonnes), elle, peut y avoir intérêt pour dialoguer, comprendre ce qui pourrait être mieux, fidéliser ses clients, et en trouver d’autres. Par exemple, vous etnrez dans cette fameuse pizzeria, et commandez une calzone. Vous vous asseyiez, et vous voyez sur un écriteau « vous aimez cette pizza ? dites le sur twitter #pizzeriaducoin ! » On vous la sert, et sur votre serviette est inscrit « prenez vous en photo avec votre pizza, et publiez la sur notre page facebook ! facebook.com/pizzeriaducoin ! »
En rentrant, curieux, vous allez voir cette page. Pas encore inscrit, vous arrivez sur une page customisée vous montrant les dernières photos publiées, les derniers résultats à un sondage sur la future pizza du mois, et la possibilité, si vous vous inscrivez au groupe, d’avoir une pizza offerte la prochaine fois que vous en achèterez une. Vous vous inscrivez donc (vous devenez « fan »), et là vous voyez que la page est en fait le blog interne de la pizzeria, où ils publient tout un tas d’infos marrante, comme une vidéo de l’essai qu’ils ont fait avant d’acheter leur nouveau camion. Dans un onglet, une application vous propose de coller une part de pizza, et d’afficher un message sur votre mur contre une pizza offerte en livraison. Vous n’hésitez pas une seconde et vous le faites (leurs pizzas sont vraiment bonnes, pour s’en priver si on vous en offre une livrée chez vous ?).
Tous vos amis ont vu cette part de pizza et, intrigués, ont (pour certains) voulu savoir ce que c’était. Ils se rendent sur votre profil et voient que vous l’avez fait pour la pizzeria du coin, et que vous l’avez fait parce que les pizzas étaient vraiment bonnes. Quelques jours plus tard, un de vos contacts passe devant la pizzeria, vers 19h45, avec sa famille. Les enfants étant affamés, il s’y arrête, sûr de ne pas être déçu, puisqu’il en entendu parler sur votre profil.
Vous avez été innovant, vous avez recruté de nouveaux clients, et vous avez dialogué (blog, sondages, photos…) avec votre communauté. Bravo.
Alors bien sûr, le but final n’aura pas été que de dialoguer, mais bien de vendre des pizzas. Mais la finalité d’une entreprise, c’est bien de gagner de l’argent, donc ce n’est pas choquant.
On n’y discute qu’avec les marques que l’on connaît déjà
Là encore, si vous donnez envie aux gens qui ne vous connaissent pas encore de dialoguer avec vous, ils le feront. Reprenons notre pizzeria. Un de vos amis a vu votre part de pizza, et s’est inscrite sur la page. Le seul problème, c’est qu’il est allergique à la tomate, ingrédient que l’on trouve dans beaucoup de pizzas. Il décide d’ouvrir une discussion sur les allergies qui empêchent les gens de manger des pizzas, et fait la promotion de cette discussion dans les différents groupes d’allergiques auxquels il est abonnés, ainsi que sur son propre réseau qu’il a construit avec Ning. Son but est de mettre un peu la pression sur le patron de la pizzeria. C’est de bonne guerre, et normal dans une société où les gens ont désormais pris l’habitude de s’exprimer. Mais le patron de la pizzeria a bien réagit : il écoute toutes les remarques, et décide d’ajouter deux pizzas sur sa carte, spécialement pour les allergiques, et d’en changer la recette régulièrement, pour essayer de contenter toutes les formes d’allergies alimentaires. Et il commencera par la tomate, pour remercier votre ami d’avoir lancer cette discussion.
Votre ami ne connaissait pas la pizzeria avant de l’avoir trouvée sur votre profil, et pourtant il a dialogué avec elle, et a incité sa communauté à en faire de même. De part sa bonne réaction, on peut être sûr que, le mois où les pizza correspondront à l’allergie de certains, ils iront en goûter une.
Alors bien sûr, tout ceci c’est dans le meilleur des cas, mais c’est loin d’être infaisable. Ca demande du boulot, de l’imagination, de l’innovation, et d’accepter de sortir des schémas classiques. Pas simple…

C’est claire que tu m’aurais mis ça en commentaire ça aurait dépassé le post :O) C’est un point de vue interessant aussi.
En tout cas, mon point de vue n’est pas si éloigné. Je pense que les marques doivent être présentes sur les médias sociaux mais que cela n’améliorera pas forcément leur image, ni que cela leur donnera beaucoup de prospects, ou de manière passagère. Les MS doivent être une composante de la comm, mais pas le centre comme semble se dessiner pas mal de nouvelles campagnes. Après comme tu dis, il faut innover, et je pense que créer soit même sa plateforme comme Starburck, par exemple, est une très bonne solution pour fidéliser et contrôler l’information
En tout cas, merci pour la réponse, le débat, y a rien de plus communautaire
Marrant ce que tu dis sur les maçons.
Tu penses vraiment que c’est idiot pour un artisan d’utiliser une PF sociale ?
C’est pourtant un des domaines ou le bouche à oreille est plus important qu’ailleurs (bcp plus que pour une pizzeria ou finalement les gouts des uns ne sont pas forcément ceux des autres et ou la valeur de la recommandation n’est pas toujours évidente…)
On ne peut pas mettre tous les artisans dans le même panier. Tu te vois vraiment recommander un maçon (c’était un exemple hein) ? « Oh lui, il a bien construit ma maison ! Je l’ajoute sur Facebook ! »…
Pour d’autres artisans, ça peut valoir le coup. Mais c’est ce que j’ai écrit : il faut réfléchir, et le faire le choix : est-ce pertinent ou non d’y être.