
Il y a des mots comme ça qui expriment mieux certaines pensées en anglais qu’en français… Et là, « bullshit », c’est bien ce que je pense en lisant plusieurs articles qui tournent depuis quelques jours.
Les premiers sont nombreux. Ils nous disent que, soit que le blog est mort, et qu’aujourd’hui c’est le lifestreaming et le microblogging qui sont rois, soit que le blog est de retour, mais qu’il a faillit être tué par le lifestreaming et le microblogging. La confusion des « experts » à ce sujet montre déjà sans doute qu’ils n’ont pas forcément raison…
Le blog n’est pas mort, et au contraire il se porte super bien. Si les early adopters et autres power users l’ont délaissé quelques temps (et ce sont eux qu’on entend le plus sur Internet), les internautes lambdas, eux, s’y intéressent de plus en plus, et n’ont jamais cessé de s’y intéresser. Il n’y a qu’à voir l’engouement des BlogCamps que nous organisons tous les deux mois à Nantes, et qui n’accueillent pas que des experts, loin de là. Les médias locaux, les personnes en recherche d´un emploi à Lyon ou autre part en France, les étudiants, les entreprises, les écoles, les institutions, les passionnés… De nouveaux blogs s’ouvrent chaque jour. Mais c’est « so 2006″… Ce genre de remarques, sur Internet ou en musique (où on l’entend également souvent) m’a toujours énervé. Quand ça marche, que ça répond a un besoin, et que les gens l’utilisent, ce n’est pas parce que c’est vieux que c’est forcément mauvais. Le blog n’est pas mort et ne le sera pas tant que des gens auront envie de s’exprimer sur Internet en plus de 140 caractères. Et les systèmes de lifestreaming, nombreux, seraient bien vides sans les articles de blogs que l’on publie dessus. Et il ne faut pas oublier que les blogs sont le seul outil qui permet à une personne ou à une entreprise de créer un lieu de dialogue, de communauté, qui lui soit réellement propre. Ce qui pourrait mettre à mal le blog ce sont les vidéos, où l’on peut raconter ce que l’on veut, sans limite d’espace. Mais, si certains le font très bien, la vidéo demande plus de moyens, et un rapport à l’image différent.
Le second article est une « étude » faite par un « consultant » de 15 ans pour Morgan Stanley (la banque d’investissements). Si la quasi totalité de cette étude pour être affublée d’un

(les jeunes n’aiment pas payer pour la musique, ils ont un téléphone portable, et aiment choisir ce qu’ils regardent à la télé), il dit aussi que les jeunes n’aiment pas Twitter, qu’ils trouvent complexe et… cher (en ce qui concerne l’utilisation par mobile).
En gros, on nous apprend rien qui n’existe pas depuis au moins 10 ans (j’avais, moi aussi, à 10 ou 15 ans, pas une tunne pour m’acheter des disques, un portable, et envie de choisir ce que je regardais à la télé), et que les jeunes ne voient pas (encore) l’intérêt de Twitter (réseau dissymétrique, propagation extraordinaire de l’information, personnal branding…) puisque ces intérêts sont encore loin d’eux.
Si on peut se dire que pour les dirigeants de Morgan Stanley tout ceci est une découverte (mais c’est déjà bien capilotracté), je n’arrive pas à comprendre en quoi ça peut les intéresser… Ils voulaient investir dans Twitter et ne le feront pas car les jeunes de 15 ans n’aiment pas ça ? Sans pouvoir d’achat, cette cible ne pourra jamais payer quoi que ce soit pour Twitter, et donc aider en rien sa rentabilité, et donc devrait être le cadet des soucis d’une banque d’investissement. Alors faire tout un fromage à propos d’une étude » qui ne sert à rien, ça m’intrigue…
Et enfin, un dernier article est paru le 17 dans le Wall Street Journal à propos d’Internet disant qu’Internet était mort… en tant qu’investissement.
Real time, hyperlocal, réseaux sociaux verticaux, mobilité, social gaming, Internet des objets… Ils veulent d’autres pistes ?

Yeah ! Joli coup de gueule !