Simon Robic


Préavis

Je vais changer d’appartement. Je me sens maintenant très étriqué dans cet appartement qui a vu passer le très bon comme le très mauvais. C’est comme si je respirais le même air vicié et que j’avais un besoin pressant d’aérer. Je dois aérer mon cerveau.

Ca doit correspondre à un changement d’état d’esprit profond entamé ces derniers mois. Probablement même plus profond que je ne le pensais. #NewBorn comme dirait Mademoiselle. Quand je suis arrivé ici, ma plus grande envie était de connecter au maximum cet appartement. La seule pièce à laquelle je voulais prêter attention était mon bureau et j’ai passé plus de temps à imaginer comment je pourrais diffuser de la musique en sans-fil dans toutes les pièces qu’à faire en sorte de m’y sentir bien.

Je vis ce déménagement totalement différemment. J’ai envie que mon nouvel appartement soit analogique. Que le bois et le papier y aient plus de place que les câbles et les DVD. Je veux que le blanc remplace le noir. Je veux que mes amis y soient chaleureusement accueillis là où  mes précédents appartements n’avaient été pensés que pour deux. Je veux que le vert prenne le pas sur les ondes.

Alors je m’inspire et petit à petit les idées naissent. Et à mesure que le nouvel espace prend vie dans mon imagination, l’air ici est de plus en plus vicié.

Chez Zaamazone

Chez Vie De Miettes

Chez Valentine

Muji

Chez Henrik Schwarz

misc #4

La ville qui digère

On a beaucoup vu cette vidéo ces derniers jours. Pendant 1 an, on a pris en photo un vélo attaché dans une rue de New York. Le vélo reste intact pendant plusieurs semaines avant de se décomposer petit à petit, morceau par morceau, avant de disparaître complètement. On ne sait pas s’il a été volé ou enlevé par les services de la ville, mais peu importe.

C’est vrai, ce n’est pas ça qui me fascine dans cette vidéo. C’est la capacité d’une ville à digérer un objet. J’aurais pu dire « éliminer », mais le vélo n’a pas disparu, dans le fond. La gourde a trouvé un nouveau propriétaire, la selle est sur une autre vélo, etc. Donc la Ville, au sens communautaire du terme, a utilisé cet objet qui n’était pas à sa place, après avoir laissé le temps suffisant pour qu’il y retourne, à sa place, pour s’alimenter. Ca ressemble vraiment à un estomac qui dissout un aliment pour en redistribuer les différents éléments dans l’organisme.

Il n’y a rien de plus fascinant qu’une ville, rien qui ne peut entraver son fonctionnement presque organique. Les dizaines de projets de hacking de la ville sont autant de démonstrations de son évolution quotidienne, comme si elle s’adaptait naturellement au monde qui l’entoure, bien mieux (de façon étonnante) que les autres collectivités. La ville, c’est le noyau le plus solide et le plus flexible de la communauté.

Je ne me lasserai jamais de l’observer.

Podcast : les 5 morceaux que j’ai le plus écouté la semaine dernière #2

De l’électro, du rap français et un immense classique de la techno : ma semaine musicale fut diverse. Orelsan côtoie Tommy Trash et la Swedish House Mafia alors que Laurent Garnier que les surclasse tous.

La version Spotify de la playlist est là. Bonne écoute et bonne semaine !

Podcast : les 5 morceaux que j’ai le plus écouté la semaine dernière #1

Du funk, des classiques, du rap de la techno : c’est le programme de ce premier podcast hebdomadaire des morceaux que j’ai le plus écouté au cours de la semaine. Shalamar, Delegation, Simon and Garfunkel, Orelsan et DHS sont de la partie.

Certains de ces morceaux sont-ils sur votre iPod ? En tout cas, vous pouvez les ajouter à votre Spotify grâce à cette playlist !

Bonne écoute !

Sur France 3 pour parler de Free Mobile

L’ami @sebnantes est venu me poser quelques questions à propos de Free Mobile pour un reportage diffusé hier sur France 3 PDL :

J’ai écouté quoi, en 2011 ?

Je ne vous ai même pas souhaité une bonne année. Mais je vous fait un petit cadeau, 1h20 de musique condensant ce que j’ai écouté le plus en 2011. Alors oui, pour ce genre de truc je reprends ma voix FM mais c’est un exercice qui me plait, même si j’adooooore bosser avec mes amis @RomainSaillet et @MateoElGaco sur My Web Generation.

Dites-moi ce que vous en pensez :) Et je recommence très vite.

L’oubli ou la vie !

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Un temps où on pouvait oublier. Un temps où des échanges, des discussions, des images, des sons pouvaient disparaître de notre mémoire.

Il y a quelques jours, le téléphone de ma copine est tombé en panne. Je lui ai donc prêté ce vieux Nokia, le temps qu’elle en achète un autre. (Si vous voulez tout savoir, c’est en fait sa carte SIM qui était morte, donc elle n’a pas pu l’utiliser.) Mais en le rallumant, j’ai trouvé des dizaines de SMS vieux de plus de 3 ans (à l’époque où ce téléphone me servait pour une deuxième ligne que je n’utilisais quasiment pas). Donc là, sous mes yeux, des dizaines de discussions qui m’étaient sorties de la tête, avec tout autant de personnes (qui, elles, ne m’étaient pas toutes sorties de la tête).

Je n’ai pas tout lu. Je suppose que je n’ai pas envie de tout lire mais si je le voulais, il suffirait de parcourir les messages, et tout un pan de ma vie se rejouerait sous mes yeux. Ce qui est vrai pour des SMS vieux de trois ans l’est d’autant plus aujourd’hui.

Je sais que je ne suis pas « normal », que je suis beaucoup plus connecté que la moyenne. Mais la quasi-totalité de ma journée est liée à une action en ligne : du réveil au couché (indiqués sur Path) de la musique écoutée sur Spotify et loggée sur Facebook ou Last.fm, les séries regardées sur BetaSeries, toutes les conversations sur Skype, les mails sur Gmail… C’est évidemment sans compter toutes les pensées, discussions et commentaires partagés sur Twitter ou Facebook.

Mais, plus ça va moins j’arrive à savoir si c’est bien ou pas. Est-ce qu’il n’est pas vital de laisser respirer sa mémoire ? Certe je trouve ça assez génial de pouvoir savoir que j’ai écouté tel titre tel jour mais est-ce que je n’ai pas envie d’oublier d’autres détails ? Est-ce qu’il faut que je puisse relire toutes ces informations ? Est-ce que ça ne peut pas être dangereux ?

Est-ce que tous ces services ne risquent pas d’alimenter notre nostalgie ? Après tout, Nietzsche n’avait-il pas raison en disant que l’oubli n’est pas un raté de la mémoire mais une mise en place du passé, un effacement fonctionnel de certains souvenirs ? Pour le philosophe, nul bonheur ne saurait exister sans faculté d’oubli.

« Dans le plus petit comme dans le plus grand bonheur, il y a toujours quelque chose qui fait que le bonheur est un bonheur : la possibilité d’oublier, ou pour dire en termes plus savants, la faculté de se sentir pour un temps en dehors de l’histoire. L’homme qui est incapable de s’asseoir au seuil de l’instant en oubliant tous les évènements passés, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur se dresser un instant tout debout comme une victoire, ne saura jamais ce qu’est un bonheur et ce qui est pareil ne fera jamais rien pour donner du bonheur aux autres. Imaginez l’exemple extrême: un homme qui serait incapable de rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu’un devenir; celui la ne croirait plus en soi il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir. Finalement en vrai disciple d’Héraclite il n’oserait même plus bouger un doigt. Tout acte exige l’oubli comme la vie des êtres organiques exige non seulement la lumière mais aussi l’obscurité. Un homme qui ne voudrait rien voir qu’historiquement serait pareil à celui qu’on forcerait à s’abstenir de sommeil ou à l’animal qui ne devrait vivre que de ruminer et de ruminer sans fin. Donc, il est possible de vivre presque sans souvenir et de vivre heureux, comme le démontre l’animal mais il est impossible de vivre sans oublier. Ou plus simplement encore, il y a un degré d’insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit au vivant et qui finit par le détruire, qu’il s’agisse d’un homme d’une nation ou d’une civilisation.« 

Nietzsche, Secondes considérations intempestives

Beaucoup de neurologues confirment en tout cas la théorie de ce bon vieux Friedrich. Pour eux, il faut oublier pour s’adapter et apprendre de nouvelles choses. Le livre The woman who can’t forget raconte justement l’histoire d’une femme qui est incapable d’oublier. Elle se souvient en détail de chaque moment de sa vie, ce qu’elle décrit comme une véritable torture.

Des chercheurs de Standford ont même démontré qu’oublier permet de se souvenir plus facilement des choses qui ont vraiment compté. Mais, ces souvenirs sont-ils perdus à tout jamais ? Quiconque a déjà expérimenté l’hypnose sait que le cerveau cache et conserve une immensité d’informations, dont on ne soupçonnait pas l’existence…

Alors, Timeline de Facebook ou Memolane ne finiront-ils pas par nous détruire ? Le web nous empêche-t-il de nous adapter et d’apprendre de nouvelles choses en rendant disponibles trop facilement d’anciennes informations ? Il est en tout cas plus qu’important de se « forcer » à se déconnecter et à apprécier des moments que l’on savourera oublier, pour en vivre de nouveaux encore meilleurs.

Le nouveau studio de Prun’

On (les 200 bénévoles de la station) a été gâtés en ce début d’année : Prun’ vient d’emménager dans des locaux flambants neufs, avec des studios beaucoup plus grands et agréables que les précédents :

Vue 360 degrés du studio :

Vue 360 degrés de la cabine de réa :

La cabine est vraiment immense !


Photo @nicolas2dianous


Photo @adrienpoggetti

Vivement la prochaine émission !

Etat stationnaire

Je n’ai pas du tout été « dans l’esprit de Noël » cette année, sans doute aidé par le fait que je n’ai pas eu de vacances, mon nouvel emploi étant récent. Alors je n’arrive pas à m’adapter au rythme très lent du reste du monde en cette période.

J’ai l’impression de n’avancer à rien alors que je boucle tout ce que j’ai à boucler très rapidement (vu que je suis moins dérangé par le reste du monde qui se la coule douce). J’ai l’impression de passer à côté de plein d’infos, de plein de sujets, de plein de contenus intéressants. Mais non, il ne se passe tout simplement rien.

Comme si les aiguilles tournaient moins vite.