Insensé !

Aujourd’hui, comme d’habitude, je blogues de la m**de.
Bon, j’ai essayé de faire un petit jeu de mot, mais il manque vraiment de raffinement et de subtilité, j’en suis désolée pour vous et pour l’image de fille classe que j’avais à vos yeux (ou pas).

Bref.
Alors que je suivais avec attention, mais avec un profond dégoût,le reportage diffusé sur Arte “La fabuleuse histoire des excréments”, une séquence m’a complètement bluffée. Celle ci mettait en avant le fait que “les roses” (comme ils le disent précieusement dans le reportage, mais que vous appelez sans doute chez vous “merde”) deviennent de l’art.
L’art contemporain m’horripilait déjà, ne me parlant absolument pas, mais là, ça dépasse tout ce que j’avais pu imaginé auparavant.

Wim Delvoye a eu l’idée (pour moi complètement grotesque car je suis complètement fermée d’esprit, mais pour d’autres, cette idée révèlera sans doute le “génie” de son inventeur”) de fabriquer une “machine à caca” (désolée mais je ne pouvais pas le dire autrement) qu’il a appelée Cloaca.

Extrait tiré de l’article du Monde.fr


Revenons sur la naissance de Cloaca. De quelle lignée est-elle ?
J’ai d’abord eu l’idée de faire une machine nulle, seule, avant de concevoir une machine à faire du caca. J’ai pensé aux Temps modernes, à Chaplin, à sa machine à manger, à cette fascination du début du XXe siècle pour la machine. Des artistes comme Piero Manzoni, avec sa merde d’artiste en boîte, et Marcel Duchamp, avec La Mariée mise à nu par ses célibataires même et La Broyeuse de chocolat, ont plutôt été une source de légitimation de mon travail. Tous mes souvenirs étaient comme des films : La Planète des singes, avec ces humains devenus un peu cons qui adorent une espèce de fusée trouvée dans la jungle. La dernière bombe atomique était devenue leur dieu. J’ai trouvé très impressionnant comme image ce truc technologique qui devient religieux, qui devient transcendant. Les Temps modernes, Metropolis de Fritz Lang et d’autres petits films m’ont marqué. Des amis m’ont fait lire Ruth Goldberg, des Français m’ont parlé de Villiers de L’Isle-Adam : j’ai acheté L’ Eve future, mais c’était trop difficile à lire, la langue…

S’agissait-il d’associer l’argent et le caca, comme en psychanalyse ?
Peut-être, plus généralement, l’idée de faire beaucoup d’effort pour arriver à rien. Quand j’étais étudiant, j’avais l’exemple de Christo. Il m’épatait. Je n’avais pas compris que lui et d’autres vendaient des dessins autour de leurs grands projets. Je me disais que je ne pourrais jamais travailler pendant des années pour installer une œuvre qui doit durer six semaines. J’étais fasciné par ce choix de l’éphémère, mais j’avais un peu trop d’ego pour l’accepter pour moi-même. Je n’ai jamais oublié ces artistes. Cloaca est peut-être une façon de faire comme eux. J’ai cherché un truc compliqué, difficile à faire, et cher, et qui ne mène à rien.

Et voici l’aspect artistique du projet expliqué (Wikipédia) :

Doté de l’apparent sérieux d’un laboratoire scientifique (Wim Delvoye s’est entouré de plusieurs scientifiques et ingénieurs pour concevoir sa machine), exposé dans les conditions, elles aussi solennelles finalement, de l’Art, Cloaca ingère les aliments fournis par un traiteur (mais plusieurs grands chefs ont accepté de composer des menus à son intention) et produit des excréments. Les excréments sont emballés sous vide et marqués d’un logo qui pastiche ceux de Ford et de Coca-Cola et sont ensuite vendu aux environs de 1 000 dollars pièce.

Cloaca possède son site internet, qui vaut le coup d’oeil, rien que pour voir l’animation avec le Monsieur-Propre-Intestins-à-l’air :

Image 3

2 reponses a “Insensé !”

  1. L’art contemporain, de manière générale, j’aime. Du moins quand il exige une certaine réflexion. Mais là, il est clair que j’ai du mal à avaler, si j’ose dire.
    Peut-on appeler ça une œuvre ? J’y vois plutôt une expérience de mauvais goût…
    Enfin bon, si ça leur plait !
    En revanche, là où je ne comprends vraiment pas, c’est que des gens sont prêts à y mettre le prix ! C’est par pure débilité ou scatophilie ?!
    Je crois qu’on atteint le summum de l’inélégance en tout cas !

    Autre chose, ce qui m’a le plus choquée dans cet épisode c’est qu’au Japon (Chine ?) ils vont même jusqu’à créer de la viande artificielle avec des excréments. Quelqu’un peut m’expliquer pourquoi ces chercheurs/scientifiques/jesépakoi ne passent pas plutôt leur temps à chercher des traitements efficaces pour telle ou telle maladie ?

    Comme quoi, la m*rde ça fait vendre !

  2. Je suis entièrement d’accord avec toi (sauf que l’art contemporain et moi ça fait vraiment deux :) ).
    Bien sûr que c’est du mauvais goût, mais je pense que si cela n’en avait pas été, cette sorte “d’art” ne ferait pas autant polémique et personne n’achèterait…
    Après, l’artiste a voulu dénoncer la société de consommation, mais là, je dis LOL ! Il avait qu’à écrire un bouquin :D

    En tout cas, un reportage sur cette machine mériterait sa place dans le “journal” de 13 h de Jean Pierre Pernault :D

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