Les journalistes possèdent-ils tous les droits ? C’est en regardant le JT de 20 h de France 2 ( pas réputé pour être le meilleur et le plus objectif me direz vous ) que m’est venue cette question. Effectivement, David Pujadas y a présenté les informations ( plus choquantes les unes que les autres dans la mesure où à la suite il a parlé de la guerre ethnique qui ravage le Kenya, d’un attentat ayant tué un journaliste français, de la vie d’un sdf et de ses conditions de vie dans un lieu d’accueil aux sans abris ET tout de suite après, de la vie d’américains suite au crack boursier… Cette information m’a semblée mal placée, les américains présentés n’étant pas visiblement les plus à plaindre. ) successivement, sans transition aucune, j’irais même jusque dire ” sans état d’âme” apparent.
Le devoir d’information prime t il certains droits des téléspectateurs ? Toujours au sujet du même journal, on y a montré les massacres ethniques du Kenya avec une simple phrase : ” attention, certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes.”. Evidemment, un enfant présent devant la télé va y rester, attiré par cette mise en garde, cela me semble logique. Est il donc nécessaire de faire comprendre une information en montrant des images aussi choquantes ?
De surcroît, j’ai remarqué que les guerres qui ravagent l’Afrique, la Palestine et le Moyen-Orient de toutes parts alimentent la plupart du temps les médias. Qu’en est il des guerres qui durent depuis très longtemps et dont on parle très peu ? J’ai l’impression que les massacres qui ont lieu au Tibet par les Chinois n’intéressent personne, et pourtant les chiffres sont alarmants : plus de 1.2 million de morts entre 1950 et 1976,soit un cinquième de la population totale du pays, 342 970 morts de famine, 432 705 tués au combat, 173 221 morts en prison ou en camps de travail, 156 758 exécutés, 92 731 morts sous la torture, 9 002 suicides. Les résolutions prises par les Nations Unies en 59, 61, et 65 ne sont toujours appliquées aujourd’hui.
De même, la Tchétchénie n’intéressent plus personne ( sauf, la nouvelle revue nommée XXI qui en a fait le portrait d’un pays détruit, d’une population sans cesse sous pression…) alors que la réélection de Poutine a été abordée de nombreuses fois.
Il semblerait donc que des informations priment sur d’autres, de quels droits ? Montrer des images de massacres au Kenya est il plus important que de parler d’autres génocides ? Je sais que les journaux sont régis par le temps, et l’audimat, mais, sincèrement, je préférerais largement être informée sur des évènements importants plutôt que sur l’éventuel mariage de Sarkozy ou le festival de l’andouille à Guemené sur Scorff ( cf 13 h de TF1 ).
C’était mon coup de gueule
Déclaration des droits et des devoirs des journalistes (Munich 1971)
Cette déclaration a été adoptée par une conférence qui réunissait, les 23 et 24 novembre 1971 à Munich, les représentants de la plupart des syndicats de journalistes d’Europe, ainsi que des deux grandes organisations internationales, la FIJ et l’OIJ.
Préambule
Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain. De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes. La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics.
La mission d’information comporte nécessairement des limites que les journalistes eux-mêmes s’imposent spontanément. Tel est l’objet de la déclaration des devoirs formulée ici. Mais ces devoirs ne peuvent être effectivement respectés dans l’exercice de la profession de journaliste que si les conditions concrètes de l’indépendance et de la dignité professionnelle sont réalisées. Tel est l’objet de la déclaration des droits qui suit.
Déclaration des devoirs
Les devoirs essentiels du journaliste dans la recherche, la rédaction et le commentaire des événements sont :
1) - Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité ;
2) - défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique ;
3) - publier seulement les informations dont l’origine est connue ou dans le cas contraire les accompagner des réserves nécessaires ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et documents ;
4) - ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents ;
5) - s’obliger à respecter la vie privée des personnes ;
6) - rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ;
7) - garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement ;
8 ) - s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation et les accusations sans fondement, ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information ;
9) - ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs ;
10) - refuser toute pression et n’accepter de directive rédactionnelle que des responsables de la rédaction.
Tout journaliste digne de ce nom se fait un devoir d’observer strictement les principes énoncés ci-dessus ; reconnaissant le droit en vigueur dans chaque pays, le journaliste n’accepte en matière d’honneur professionnel que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouver-nementale ou autre.
Déclaration des droits
1) - Les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d’enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. Le secret des affaires publiques ou privées ne peut en ce cas être opposé au journaliste que par exception et en vertu de motifs clairement exprimés.
2) - Le journaliste a le droit de refuser toute subordination qui serait contraire à la ligne générale de l’organe d’information auquel il collabore, telle qu’elle est déterminée par écrit dans son contrat d’engagement, de même que toute subordination qui ne serait pas clairement impliquée par cette ligne générale.
3) - Le journaliste ne peut être contraint à accomplir un acte professionnel ou à exprimer une opinion qui serait contraire à sa conviction ou à sa conscience.
4) - L’équipe rédactionnelle doit être obligatoirement informée de toute décision importante de nature à affecter la vie de l’entreprise. Elle doit être au moins consultée, avant décision définitive, sur toute mesure intéressant la composition de la rédaction : embauche, licenciement, mutation et promotion de journalistes ;
5) - En considération de sa fonction et de ses responsabilités, le journaliste a droit non seulement au bénéfice des conventions collectives, mais aussi à un contrat personnel assurant la sécurité matérielle et morale de son travail ainsi qu’à une rémunération correspondant au rôle social qui est le sien et suffisante pour garantir son indépendance économique.
Publié le janvier 30th, 2008 par Béné
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Certes mais le festival de l’andouille de Guémené sur Scorff est d’une renommée continentale, voir mondiale. C’est un journal d’information, pas un journal de guerre.
Ce n’était qu’un exemple pour montrer que le 13 heures n’est pas forcément des plus intéressant. Tu défends ta patrie mon cher Tanguy
Non ce n’est pas un journal de guerre je suis d’accord mais alors ne privilégions pas certains conflits…
je suis entièrement d’accord avec toi les journalistes ont un responsabilité vis-à-vis de leur audimat et plutôt que de se laisser guider par la recherche du sensationnel qui certes est plus bénéfique financièrement ils devraient se concentrer sur les évènements essentiels. Les journalistes forment un vecteur important de la démocratie, s’ils tombent une partie de notre liberté tombe avec.
Mais d’un autre côté je pense que l’attitude de la majorité des journalistes en France peut se comprendre dans la mesure où notre société est relativement stable et pacifiée. Ils n’ont rien à dénoncer et la population française n’a pas vraiment besoin d’être protégée d’un danger imminent. On le voit assez souvent : quand les intérêts français sont visés, les unes des journaux se concentrent sur ça.